Groupe de travail sur l'économie de la contribution

APPEL A PARTICIPATION AU GROUPE DE TRAVAIL

   ECONOMIE DE LA CONTRIBUTION

 

ARCHIVES DE l'ATELIER

- Enregistrements audio des séances de l'atelier

- Intervention de Bernard Stiegler lors de la séance du 6 Novembre 2010 (video)

- Intervention de Bastien Sibille : Entreprises à sources ouvertes

- monnaie et dette, séance du 17 décembre 2011 : paix monetaire et financiere au sein de la zone euro

- Innonation comme pharmacologie positive au delà de la logique économiste : séance du 4 février 2012

- Propositions pour le financement d'une croissance durable et soutenable : séance du 20 mars 2012

- Energie contributive : séance du 19 mai 2012

- Efficacité énergétique : séance du 28 janvier 2013


 

Ce groupe de travail « Economie de la contribution », est une thématique au centre de nos préoccupations   ; celle-ci a fait l’objet de plusieurs débats au théâtre de la Colline et a été largement abordée dans nos publications, dans nos interventions publiques et dans notre Manifeste 2010.- cf. www.arsindustrialis.org/manifeste-2010

 

Ses objectifs, comme expliqué plus en détail ci-dessous, sont d’approfondir cette question avec d’une part des membres de l’association -  ceux-ci pourront, entre autres, nous faire bénéficier de leurs expériences dans des pratiques « contributives »-, et d’autre part avec des personnalités externes auxquels nous faisons ponctuellement appel pour confronter leurs points de vue avec les résultats de nos travaux.

 

Depuis la première réunion tenue en novembre 2010, plusieurs réunions ont eu lieu sur les thèmes successifs suivants :

 

  • Finance contributive

  • Economie de la contribution : libre et durable , avec la participation de Thanh N’Ghiem et de Bastien Sibille

  • Travail/revenu/fiscalité avec la participation de Jean-Marie Monnier et Carlo Vercellone

  • Monnaie/dette : paix monétaire et financière au sein de la zone euro, avec la participation de Maurizio Lazzarato et Pierre Sarton du Jonchay

  • Innovation  comme pharmacologie positive au-delà de la logique économiste, avec Jean-Paul Karsenty

  • Propositions pour le financement d'une croissance durable et soutenable, avec Michel Aglietta et Cédric Ringenbach

  • Economie de la contribution et transition énergétique, avec Rémy Besnard (CEA et Energies Alternatives), Cédric Rinchenbach (The Shift Project), Thierry Verstraete (ESC Rennes) /Marc Potel (BPCE)

  • L'impératif de l'efficacité énergétique, avec Skip Laitner, économiste américain, proche de Jeremy Rifkin, et Maurice Sanciaume (Agilent technologies)

 

 

QUELQUES PRECISIONS SUR CE GROUPE DE TRAVAIL

 

Ars Industrialis n’a cessé, à travers ses publications, ses débats au théâtre de la Colline, ses divers séminaires, sa participation à divers colloques, ses interventions dans des émissions de radio et de télévision, de forger et de faire connaître des propositions théoriques et pratiques sur les conditions permettant de faire évoluer le mode présent d’organisation industriel de producteur-consommateur vers une économie de la contribution, susceptible de mettre fin à une prolétarisation généralisée de moins en moins soutenable, que ce soit psychiquement, politiquement ou économiquement.

 

Dans notre nouveau Manifeste, rendu public à la fin du mois d’août, nous soulignons que la crise en cours n’est pas simplement financière : il s’agit de la fin d’une organisation économique et industrielle qui a marqué le XXè siècle, que nous caractérisons comme consumériste ;  celle-ci a atteint ses limites en soumettant le devenir des systèmes sociaux au devenir du système économique, lequel a une emprise de plus en plus totale sur le système technique[1].

 

Bien que cette situation soit loin d’être pleinement reconnue, trois ans après l’éclatement de la crise présente, de plus en plus nombreux sont les instances publiques et les économistes  remettant en cause les doxa néolibérales qui nous ont mené à cette faillite : c’est par exemple le cas du rapport de l’ONU dit Rapport Stiglitz [2], lequel  reconnaît que nous n’avons pas seulement à faire à une crise financière, mais à une crise du système économique et de ses pratiques, ainsi que du Manifeste des économistes atterrés de septembre 2010[3] .

 

Dans notre manifeste de 2005, nous posions que le système consumériste atteindrait rapidement ses limites d’abord parce qu’il ruinait l’énergie libidinale, c’est à dire le désir, en le captant de façon destructive. Nous posions que le capitalisme est comme toute économie un stade de ce que Freud avait appelé l’économie libidinale, mais qu’à la différence des stades précédents, celui-ci conduit à l’épuisement de l’énergie libidinale elle-même. Cette thèse est désormais largement attestée, partagée et éprouvée par tout un chacun, qui constate le devenir pulsionnel et addictif de la consommation souvent en soi-même.

 

Or, la révolution numérique a fait émerger un nouveau type d’économie industrielle qui reconstitue une économie libidinale, c’est à dire un dispositif d’investissements dans des objets de travail et de socialisation : l’économie contributive est en cela précisément une économie libidinale, et elle se caractérise par un nouveau type de comportements individuels et collectifs, celui qui caractérise la figure d’un contributeur affilié à un réseau (qui n’est pas nécessairement électronique mais toujours social).

 

Cette nouvelle forme d’économie, nous l’entendons en tant que :

  • nouvel horizon en matière de développement économique et social ainsi que territorial, remettant en cause en particulier l’hégémonie des finalités de valorisation du capital et des formes de domination exercées par  les tendances de plus en plus marquées à la fragmentation du travail salarial et de l’existence individuelle ;
  • régénération de nos désirs, c’est à dire de nos investissements[4], suscitant une autre forme de perception[5] en remettant en cause le primat de l’homo oeconomicus [6] et la « servitude volontaire »[7] et réhabilitant le bien commun et les processus délibératifs et démocratiques ;
  • reconstitution des formes de savoirs – savoir faire, savoir vivre, savoir théoriser – qui ont été détruites par le processus de prolétarisation et de désapprentissage auquel a conduit une socialisation des technologies exclusivement mise au service de l’augmentation des plus value au détriment de la qualité du travail et des résultats du travail [8] [9];
  • refondation des conventions comptables micro et macro-économiques et d’indices sociaux

Dans cette perspective, de nouvelles séances devraient être organisées, en particulier sur les questions suivantes :

  • ce que nous entendons par  Nouvelle Puissance Publique , en tant que processus de construction mettant en priorité l'intérêt commun et le devenir sur le long terme , en tant  que mode d'organisation entre les sphères publiques et privées , et en tant qu'objectifs pour l'émergence d'une politique industrielle basée sur un nouveau type de croissance, sur l'intelligence collective et les réseaux contributifs open data

  • les nouveaux modes d'organisation du travail et de distribution de revenus au regard des nouveaux processus industriels basés sur des réseaux contributifs et des technologies allant des Fab lab aux systèmes intelligents. 
  • la poursuite de nos réflexions sur les investissements  à mettre en oeuvre pour retrouver une nouvelle dynamique pour l'Europe, et leurs modes de financement , en particulier dans la transition énergétique et l'efficacité énergétique , dont les choix et les modes de réalisation constituent l'un des noeuds essentiels pour l'accélération de l'émergence  d'une économie de la contribution.

Les participants aux séances du groupe de travail sont constituées des personnalités et des membres invités ; en effet seul un nombre limité de participants permet d’engager un dialogue constructif.

Les autres membres du groupe de travail ont la possibilité d’apporter leur contribution ensuite ; en effet la séance est enregistrée et diffusée ensuite à tous ses membres, par l’intermédiaire d’une liste de discussion intranet qui peut être utilisée par chacun des inscrits.

Les membres de l'association a priori intéressés à rejoindre ce groupe de travail sont invités à se manifester en envoyant un message à contact@arsindustrialis.org avec l'expression « Economie de la contribution » dans l'objet du message, en précisant leurs centres d’intérêt et les contributions qu’ils seraient susceptibles d’apporter en fonction de leurs propres recherches et de leurs expériences.
 




[1]
cf. B. Stiegler , ce qui fait que la vie  vaut la peine d’être vécue, De la pharmacologie, Flammarion, 2010, p.163

[2] cf. Le rapport Stiglitz, Pour une vraie réforme  du système monétaire et financier international, éd. LLL Les liens qui libèrent, 2010, p.32

[4] cf. Yves Citton, L’avenir de nos humanités, Economie de la connaissance ou cultures  de l’interprétation, La Découverte, 2010, p.47

[5] cf. Deleuze, cours  du 24 Janvier 1984 disponible  sur le site « la voix de Gilles Deleuze » , http://www.univ-paris8.fr/deleuze

[6] Frédéric Lordon, La crise de trop, Fayard, 2009, pp.115-117

[7] Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude, La Fabrique, 2010 p.30

[8] cf. Richard Sennet, Ce que sait la main, la culture de l’artisanat, Albin Michel, 2009

[9] cf. Gilbert Simondon, Du mode d’existence des objets techniques, Aubier, 1989

[10] cf. Amartya Sen, Un nouveau modèle économique, Odile Jacob, 2000 et L’idée de justice, Flammarion, 2010

[11] cf. site Ars Industrialis, Manifeste 2010

[12]cf. Maurizio Lazzarato, Expérimentations politiques, Ed. Amsterdam, 2009 , p.168 : « nous avons besoin de temps comme matière première fondamentale ».

[13] cf. Vocabulaire sur le site Ars Industrialis

[14] cf. Laurent Gadin, Les entreprises sociales, Revue du Mauss, 15 Mars 2010, http://www.journaldumauss.net/spip.php?article664

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