Bibliographie/Biographie

Publié par cfayat le 20 Octobre, 2008 - 15:20
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Bernard Stiegler
Né le 01 04 1952
Marié, quatre enfants.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bernard Stiegler, philosophe, docteur de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, est président de l’association Ars Industrialis, directeur de l'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Georges Pompidou, professeur à l'Université de Londres (Goldsmiths College), professeur associé à l'Université de Technologie de Compiègne et enseigne à l'école polytechnique de Zurich.

Il a été directeur de programme au Collège international de philosophie, directeur de l'unité de recherche Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques de l’Université de Compiègne, qu'il y a fondée en 1993, directeur général adjoint de l'Institut National de l'Audiovisuel en 1996, directeur de l'IRCAM en 2001 et directeur du département du développement culturel du Centre Georges Pompidou en 2006.

Il est l'auteur de nombreux ouvrages :

La technique et le temps 1. La faute d'Epiméthée,Galilée 1994

La technique et le temps 2. La désorientation, Galilée 1996

La technique et le temps 3. Le temps du cinéma et la question du mal-être, 2001

Passer à l'acte, Galilée, mai 2003

Aimer, s'aimer, nous aimer. Du 11 septembre au 21 avril, Galilée, octobre 2003
De la misère symbolique 1. L'époque hyperindustrielle, Galilée, mars 2004
Mécréance et discrédit 1. La décadence des démocraties industrielles, Galilée, novembre 2004

Philosopher par accident, Galilée, avril 2004 recueil d'entretiens avec Elie During qui se présente comme une introduction à sa pensée.
De la misère symbolique 2. La catastrophè du sensible, Galilée, avril 2005
Constituer l'Europe 1. Dans un monde sans vergogne, Galilée, 2005
Constituer l'Europe 2. Le motif européen, Galilée, 2005
Mécréance et discrédit 2. Les sociétés incontrôlables d'individus désafectés, Galilée 2006
Mécréance et discrédit 3. L'esprit H2 { margin-top: 0.05cm; margin-bottom: 0.05cm; text-align: justify; page-break-after: auto; }H2.western { font-family: "Garamond",serif; font-size: 14pt; }H2.cjk { font-family: "Arial Unicode MS"; font-size: 14pt; }H2.ctl { font-family: "Tahoma"; font-size: 10pt; font-weight: normal; }P { margin-bottom: 0cm; text-align: justify; }P.western { font-family: "Times New Roman",serif; }P.cjk { font-family: "Times New Roman"; }P.ctl { font-family: "Times New Roman"; }P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; font-size: 10pt; text-align: left; }A.sdfootnoteanc { font-size: 57%; }

Esprit.

Il est plus urgent que jamais « d’intéresser les esprits au sort de l’Esprit, c’est-à-dire à leur propre sort » (Paul Valery, La liberté de l’Esprit, 1939). La vie, est puissance de transformation réciproque d’un vivant et d’un milieu. Mais, précise Valéry, pour l’organisme humain, vivre, c’est non seulement conserver cette puissance, mais c’est aussi créer un supplément de valeurs, la valeur de l’esprit1. De quoi est composé ce capital symbolique ?

Il est d’abord constitué par des choses, des objets matériels – livres, tableaux, instrument, etc. qui ont leur durée probable, leur fragilité, leur précarité de choses. Mais ce matériel ne suffit pas. Pas plus qu’un lingot d’or, un hectare de bonne terre, ou une machine ne sont des capitaux, en l’absence d’hommes qui en ont besoin et qui savent s’en servir. 2

Lorsque les hommes ne savent plus se servir des technologies de l’esprit qui leur sont imposées, c’est alors l’esprit qui a perdu son capital, c’est aussi bien le capitalisme qui a perdu son esprit3.

« Par ce nom d’esprit, je n’entends pas du tout une entité métaphysique ; j’entends ici, très simplement, une puissance de transformation »4. L’esprit n’est ni âme immatérielle ni matière cérébrale : l’esprit est ce que devient l’activité cérébrale lorsqu’elle transforme les choses du monde extérieur en des supports de mémoire (des « rétentions tertiaires »). Les objets fabriqués par l’homme, ou « artefacts », sont ainsi les « béquilles de l’esprit », des « prothèses » en un sens particulier de ce terme – puisqu’ici la « prothèse » ne vient pas remplacer un organe manquant mais rendre possible son fonctionnement. Il n’y a pas d’esprit sans medium (sans intermédiaire) qui conserve la mémoire comme organisation de la matière inorganique. L’esprit est ainsi une dynamique qui résulte de l’extériorisation de la mémoire, puisque cette dernière est ce qui, par un paradoxe apparent, rend possible la construction d’une « intériorité » chez l’homme. Ce paradoxe signifie que la vie animale ne peut devenir existence humaine qu’en s’appuyant sur les objets techniques et sur le langage : l’esprit est un processus à la fois psychique, social et technique.

L’esprit est donc la dynamique de la « transindividuation » – techniquement médiatisée – par laquelle le « je » et le « nous » se constituent ensemble en une individuation indissociablement « psychique et collective ». Le « et » de cette expression (« psychique et collective ») peut donc être compris comme ce qui désigne l’esprit, s’il est vrai, comme s’est évertué à le penser Simondon, que le « psychique pur » et le « social pur » ne permettent pas la « spiritualité » du « transindividuel » mais retombent respectivement dans le bio-psychique et le bio-social des mammifères et des insectes.

1« J’ai donc dit “valeur” et je dis qu’il y a une valeur nommée “esprit”, comme il y a une valeur pétrole, blé ou or. […]. Dans l’une et l’autre affaire, dans la vie économique, comme dans la vie spirituelle, vous trouverez avant tout les mêmes notions de production et de consommation » (Valéry, Regards sur le monde actuel et autres essais, « La liberté de l’esprit », Gallimard, Folio, p. 211-212).

 

2Valéry, ibid., p. 222.

 

3Depuis Max Weber, on sait que le capitalisme a besoin d’un esprit, mais plutôt que de parler comme Boltanski et Chiapello de « nouvel esprit » du capitalisme, il conviendrait de remarquer que le capitalisme souffre de ne plus avoir d’esprit. Il ne s’agit pas de rappeler aux dirigeants d’entreprises qu’il y a aussi du capital immatériel, humain, il s’agit de sortir de la logique gestionnaire pour accueillir une pensée contributive.

 

4Valéry, « La Politique de l’esprit » (1932), Variété III, Gallimard, 1936, p. 211.

 

">i perdu du capitalisme, Galilée 2006
Des pieds et des mains, Bayard 2006
Réenchanter le monde - La valeur esprit contre le populisme industriel (avec Ars Industrialis), éd. Flammarion 2006
La télécratie contre la démocratie - Lettre ouverte aux représentants politiques, Flammarion 2006
De la démocratie participative (avec Marc Crépon), éd. Mille et une nuits 2007
Economie de l'hypermatériel et du psychopouvoir H2 { margin-top: 0.05cm; margin-bottom: 0.05cm; text-align: justify; page-break-after: auto; }H2.western { font-family: "Garamond",serif; font-size: 14pt; }H2.cjk { font-family: "Arial Unicode MS"; font-size: 14pt; }H2.ctl { font-family: "Tahoma"; font-size: 10pt; font-weight: normal; }P { margin-bottom: 0cm; text-align: justify; }P.western { font-family: "Times New Roman",serif; }P.cjk { font-family: "Times New Roman"; }P.ctl { font-family: "Times New Roman"; }P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; font-size: 10pt; text-align: left; }A.sdfootnoteanc { font-size: 57%; }

Psychotechnique / Nootechnique.

Une « psychotechnique » est littéralement une technique sur ou de l’esprit. Après la psychotechnique du livre, qui est aussi bien celle de la philosophie et de l’Humanisme1 que des religions du Livre, les psychotechniques telles la radio, la télévision, les ordinateurs et le réseau numérique, produites par une industrie, et non plus par une religion, forment le medium contemporain de l’esprit. Si l’on affirme que le psychique ne se limite pas au cerveau, et que l’appareil psychique humain se distribue, se dissémine et se délègue dans un ensemble de prothèses et d’appareils techniques qu’il peut et doit adopter en retour, on change alors à la fois de définition de l’esprit et de définition de la technique.

Les techniques de l’esprit (nootechnniques), les techniques et pratiques favorisant l’esprit et son individuation, doivent se distinguer des techniques mises en œuvre aux dépens de et sur ou contre l’esprit (psychotechniques), qui formatent l’esprit dans le but de le contrôler. C’est une opposition normative, assumée comme telle.

La psychè est individuelle, le noos est transindividuel, et les deux termes désignent l’esprit qui n’est ni l’un ni l’autre, mais entre-deux. Une seule et même technique peut avoir des effets différents, opposés même : elle est pharmacologique. Pour dire vite, son effet dépendra de son insertion dans le milieu social. La télévision peut être une nootechnique, mais elle ne l’est que très rarement, car tel n’est pas son but : il est devenu psychotechnologique. De même, le milieu psychotechnique qu’est le livre ne devient un milieu nootechnique que s’il ouvre et constitue l’un par l’autre un public critique et un milieu associé, et réciproquement, la psychotechnique qu’est l’écriture ne devient une nootechnique que si elle s’adresse à un public de lecteurs qui, sachant lire, savent aussi écrire, et savent faire de l’écriture une capacité critique en formant des circuits longs (anamnésiques) de transindividuation, c’est à dire des disciplines toujours elles-mêmes fondées sur des techniques de soi.

C’est cette réciprocité où celui qui lit (destinataire) est en position d’écrire (destinateur) en vue de s’individuer qui distingue fondamentalement la nootechnologie de la psychotechnologie ; c’est elle qui fonde quelque chose comme un bien commun. Un bien commun n’étant pas seulement un bien appartenant à tous, mais un bien qui est réalisée selon la réciprocité artiste-public ou écrivain-lecteur.

1Au sens que Peter Sloterdijk donne à ce mot dans Règles pour le parc humain, éd. Mille et une nuits, 2000.

 

">i
i - Entretiens avec Philippe Petit et Vincent Bontems, Mille et une Nuits 2008
Prendre soin - De la jeunesse et des générations, Flammarion 2008

Pour en finir avec la mécroissance - Quelques propositions d'Ars Industrialis, Christian Fauré, Bernard Stiegler, éd. Flammarion 2009

Pour une nouvelle critique de l'économie politique, éd. Galilée 2009.

Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue. De la pharmacologiePharmakon

">i, éd. Flammarion, 2010

Etats de chocs, Ed. Fayard, 2012

Pharmacologie du Front national, éd. Flammarion, 2013

 

 
Ouvrages traduits en anglais :
Technics and time, 1 - The Fault of Epimetheus, translated by Richard Beardsworth and George Collins, Stanford University Press, 1998
Technics and time, 2 - Disorientation, translated by Stefen Barker, Stanford University Press, 2008
Acting out, translated by David Barison, Daniel Ross, and Patrick Crogan, Stanford University Press, 2009,
 
Take Care, Translated by Stefen Barker, Stanford University, 2009/2010
Technics and time 3, translated by Stefen Barker, Stanford University Press, 2010
Mécréance et discrédit 1, 2 et 3, translated by Gerald Moore, Polity Press 2010
Pour une nouvelle critique de l'économie politique, Translated by Georges Collins, Polity Press 2010
De la misère symbolique 1 et 2, Polity Press

Curriculum vitae détaillé
- 2009
Directeur de l'Institut de Recherche et d'Innovation du Centre Georges Pompidou. Professeur associé à l'Université de Londres  (Goldsmiths College)  et  à l'Université de Technologie de Compiègne
• 2012
visiting professor à l’université de Cambridge

• 2006
Directeur du département de développement culturel au Centre Georges Pompidou.
• 2001
Directeur général de l'Ircam. Prise de fonction le 1er janvier 2002.
Traduction de La faute d'Epiméthée et de La désorientation en espagnol.
Traduction de Echographies de la télévision en anglais.
Traduction de La désorientation en anglais (Stanford University Press)
• 2000
Lancement du programme Territoires Numériques (concepteur et chef de projet) soutenu par le programme PRIAMM du ministère de l'Industrie et du ministère de la Culture (CNC), et le Conseil Régional de Picardie, partenaires : INA, France-Télécom, Esri France, UTC
Parution de La faute d'Epiméthée en Chine.
• 1999
Chargé de créer à l'université de Compiègne une formation d'ingénieur spécialisé dans le secteur des industries culturelles numériques.
Chargé d'étude par le secrétariat général du gouvernement sur le thème de l'aménagement du territoire dans le contexte numérique et dans le domaine culturel.
Démission de l'INA
• 1998
Membre de la commission " Evolution des missions de l'Etat devant les mutations technologiques des médias ", Commissariat Général au Plan.
• 1997
Membre et rapporteur des groupes de travail " Convergence " et " Réseau National de la Recherche en Télécommunications " de la Fédération des industries de l'électronique, l'électricité et la communication.
• 1996
Directeur général adjoint de l'INA, chef du département Innovation.
Publication de La technique et le temps, tome 2 , éditions Galilée .
Publication de la version anglaise de La technique et le temps, tome 1, par Stanford University Press.
Publication de Echographies de la télévision , avec Jacques Derrida, Editions Galilée
Publication du rapport " Les nouvelles frontières du développement régional " réalisé dans le cadre de l'initiative IRISI (Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais et Commission Européenne).
• 1995
Directeur (et fondateur) de l'unité de recherche COSTECH (Connaissances, Organisations et Systèmes Techniques) à l'Université de Technologie de Compiègne.
Chargé de mission par le Conseil régional du Nord-pas-de-Calais et la Commission Européenne pour la mise en oeuvre de l'action IRISI; rédaction du rapport " Les nouvelles frontières du développement régional " (publié en 1996 par la CE).
• 1994
Publication de La technique et le temps, tome 1 , Galilée.
• 1993
Chef de la division PHITECO, qui appartient à l'unité de recherche COSTECH et dont elle est l'embryon fondateur.
Chargé par Francis Denel d'animer les ateliers de recherche méthodologique de l'Inathèque de France. Conception de la station de lecture audiovisuelle de l'INA.
Visiting professor au Collège Interuniversitaire de Moscou et Saint-Pétersbourg pour trois ans.
• 1992
Soutenance de thèse devant l'Ecole de Hautes Etudes en Sciences Sociales.
Lancement du programme OPEN (Outil personnalisable d'édition numérique, logiciel réalisé sur la base du logiciel 4D).

• 1990

Chargé d'écrire le scénario de l'exposition du Pavillon Français à l'Exposition Universelle de Séville.
• 1989
Chargé de constituer et présider un groupe de recherche auprès de la Bibliothèque Nationale de France pour la conception de Postes de Lecture Assistée par Ordinateur. Ce travail donnera lieu à de nombreuses publications, et à la réalisation d'un prototype industriel par la société AIS Berger-Levrault. Un changement de gouvernement et un changement de direction à la BNF en 1993 interrompront le projet.
Lancement du projet LECAO (lecture et écriture critiques assistées par ordinateur) avec le soutien du ministère de la Recherche.
Création et lancement du séminaire de sciences et technologies cognitives de Compiègne, qui se poursuit depuis chaque année au cours de la dernière semaine de janvier et qui aura reçu plus de mille doctorants et chercheurs français et étrangers.
• 1988
Enseignant chercheur à l'Université de Technologie de Compiègne.
Chargé de séminaire à l'école d'architecture de Marseille-Luminy, sur les instruments de CAO et l'image numérique.
• 1987
Concepteur et commissaire de l'exposition Mémoires du futur, Centre Georges Pompidou
• 1985
Chargé par le ministère de la recherche d'une étude sur les enjeux des technologies d'information et de communication.
• 1984
Elu pour six ans directeur de programme de recherche au Collège International de Philosophie.
• 1983
Consultant au cabinet TEN. Spécialisé dans les questions de développement technologique et urbain.
• 1978
Incarcération à la prison Saint-Michel de Toulouse. Etudes de philosophie à l'université de Toulouse le Mirail par correspondance.
• 1973
Stage d'analyste programmeur à l'IRIA (aujourd'hui dénommé INRIA).
• 1969
Etudes (inachevées) d'assistant réalisateur au conservatoire indépendant du cinéma français.