Poèmes dédiés aux néo-barbares de l'"Antre au pi (*) en scène"

Publié par sthierry le 7 Octobre, 2016 - 20:34
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"Emmanuel Kant ne pouvait pas connaître l'état d'urgence noétique, parcqu'il est provoqué par l'Anthropocène " mentionnait Bernard dans sa quatrième séance du pharmakon de cette année.

Il semble qu'à une génération près, à la croisée d' intuitions et d' observations inspirées, du passé de l'Histoire à son présent transfiguré, qui sait, à l'aune du verbe de Jean révélé, d'autres penseurs habiles et avisés, tels De Lisle ou de Tocqueville, ont pu eux anticiper, cet âge du péril, ce songe de l'inconcevable et de l' incensé.


AUX MODERNES
 
Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.

 

Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.

 

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu’aux roches

 

Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

(Poèmes Barbares, Leconte de Lisle 1862)

 

L'Astre Rouge

Sur les Continents morts, les houles léthargiques
Où le dernier frisson d'un monde a palpité
S'enflent dans le silence et dans l'immensité;
Et le rouge Sahil, du fond des nuits tragiques,
Seul flambe, et darde aux flots son oeil ensanglanté.

 

Par l'espace sans fin des solitudes nues.
Ce goufl're inerte, sourd, vide, au néant pareil,
Sahil, témoin suprême, et lugubre soleil
Q.ui fait la mer plus morne et plus noires les nues.
Couve d'un oeil sanglant l'universel sommeil.

 

Génie, amour, douleur, désespoir, haine, envie.
Ce qu'on rêve, ce qu'on adore et ce qui ment,
Terre et ciel, rien n'est plus de l'antique Moment.
Sur le songe oublié de l'Homme et de la Vie
L'OEil rouge de Sahil saigne éternellement.

(Poèmes Tragiques , Lecomte de Lisle 1884)

 

(*) Le nombre π est irrationnel, ce qui signifie qu’on ne peut pas écrire π = p/qp et q seraient des nombres entiers. Al-Khawarizmi, au IXe siècle, est persuadé que π est irrationnel12. Moïse Maïmonide fait également état de cette idée durant le XIIe siècle. Ce n’est cependant qu’au XVIIIe siècle que Johann Heinrich Lambert prouve ce résultat (pi, extrait de wikipédia)